Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /Fév /2009 13:07
La journée de mobilisation du 29 janvier a fait descendre dans la rue un nombre proprement impressionnant de personnes (5000 à Cherboug sur 25000 habitants !). Des catégories sociales bien différentes, une forte proportion des classes moyennes, de la classe 'ouvrière', des jeunes, des précaires et des cadres déçus. Des fonctionnaires et des salariés du privé, des jeunes et des vieux. Des salariés virés de Grandrange, des professeurs d'université, des enseignants ou des flics.
Alors on a repproché, surtout le paquet de médias qui se font un plaisir de stigmatiser les grèves et grévistes, que ces manifestations étaient plus ou moins 'fourre-tout', que les revendications n'aboutiraient pas parce que trop hétérogènes et mal définies. Les mauvaises langues s'empressèrent de rajouter que c'était un moyen de ne pas travailler (c'est vrai, 99% des français peuvent se permettre de ne pas travailler juste pour le plaisir, si si).
Mais ces manifestations nous apprennent quelque chose: une grogne générale, un refus de la politique actuelle du gouvernement qui entraine et entrainera une cassure de la société entre riches et pauvres, privilégiés et non-privilégiés (appelons ça comme on veut). Notons d'ailleurs que ce phénomène n'est pas, loin de là, contrairement à cette ridicule nécessité de pointer du doigt la France comme le pays des éternels mécontents, propre à notre pays. En Italie ou en Grèce on assiste à des phénomènes similaires pour des raisons similaires (critique du néo-libéralisme, des salaires toujours poussés à la baisse, des délocalisations, des richesses toutes sauf bien redistribuées, de la précarité des jeunes, etc...).

Ces problèmes qui touchent la quasi-totalité de la population française et europènne ont besoin d'être crié et contesté et c'est ce à quoi sert le droit de grève qui, rappelons le, est un droit gagné de haute lutte. Maintenant, on me dira "Oui mais tu comprends pas, y'a d'autres moyens que de bloquer et de paralyser tout ce qui bouge, c'est complétement anti-démocratique". Le soucis est qu'à l'heure actuelle, il n'existe pas d'autres moyens que la contestation générale. Attendre 2012 et les nouvelles présidentielles ? Et tout accepter d'ici là ? Rude.
J'ai personnellement toujours eu du mal avec la contestation systématique de certains de nos compatriotes (d'extrème gauche souvent) mais force est de constater qu'il est des choses parfois nécessaires dans certains cas.

N'oublions pas que, malgré ce qu'une immense part des médias et hommes politiques essayent de nous faire croire, la grande majorité des citoyens français ont intérêt à la protection de la fonction publique ou à combattre les injustices criantes du privé où des employés sont licenciés alors que l'entreprise fait des bénéfices (et pire, qu'elle n'utilise pas ces bénéfices pour réinvestir mais pour payer grassement patrons et actionnaires).
Ne montrons pas du doigt les grévistes car nous le regretterions plus tard.
Par Rossignol - Publié dans : Actualité politique
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Samedi 31 janvier 2009 6 31 /01 /Jan /2009 13:22
Jean Charbonniaud, ex-préfet de la manche maintenant, a été muté préfet hors cadre pour siéger comme membre du Conseil supérieur de l'administration territoriale de l'Etat. Cette décision survient deux semaines après la venue du chef de l'Etat à St Lô le 12 janvier. Nicolas Sarkozy était en effet venu présenter ses voeux aux personnels enseignants mais, manque de chance, au lieu du bain de foule attendu, c'est un cortège de manifestants qui l'acceuillit.
Alors après ordre du président, il a été décidé de 'virer' (il parait que c'était le mot employé) l'impudent préfet qui n'avait pas fait son travail à savoir interdire la manifestation de ces sujets, opposés à Sa Majesté qui avait quand même daigné venir les voir.

Mais ce n'est pas la première fois. Rappelons-nous, début septembre 2008 en Corse. Dominique Rossi, le patron des services de sécurité en Corse était lui aussi limogé par le chef de l'Etat après que la villa de Christian Clavier, ami intime du président, eut été envahi par des nationalistes corses. Il a été reproché à Dominique Rossi de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour protéger efficacement la maison de l'ami du Prince. Donc viré monsieur Rossi.

Alors on se pose la question: Est-ce qu'il n'y a pas un problème ?
Est-ce normal que le chef de l'Etat, représentant de la Nation, prenne le droit de limoger des hauts-fonctionnaires parce que ceux-ci n'ont pas servi avec zèle le chef de l'état et les amis de celui-ci ?
Nous sommes entrés dans la Republique des copains, où lorsqu'on est courtisan auprès de sa Majesté, on sait qu'on sera protégé (et encore, faut-il rester fidèle, certains en ont fait les frais). A contrario, quand on ne fait pas ce que Nicolas Sarkozy attend de nous, un simple mot d'ordre suffira à nous faire dégager.
Alors, quid de cette république ? La cour ne se cache même plus. Mais il faudrait dire à monsieur le président, lui faire comprendre, qu'il a été élu par le peuple (si si, il parait) et qu'il doit agir dans le sens du peuple.

Pas dans le sens de ses amis et de ses intérêts personnels.
Par Rossignol - Publié dans : Actualité politique
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Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /Jan /2009 15:04
Il y'a 10 jours était organisé à l'initiative de Marianne un débat au théatre de la porte Saint Martin sur la nécessité d'arriver  à une paix entre le gouvernement israélien et le peuple palestinien. A mon avis, faire la paix dans cette zone du monde est presque une utopie mais, par contre, il ne coûte rien de discuter. C'est ce qui a été fait ce lundi 19 janvier et il y avait du beau monde. Animée par Maurice Szafran, directeur de Marianne et par son adjoint, Nicolas Domenach (en passant j'apprécie beaucoup sa verve habituelle qui contraste un peu avec ses chroniques télévisuelles le midi sur Canal +, on sent qu'il s'y autolimite presque !), le débat a vu passer, dans l'ordre, François Bayrou (président du MoDem), Claude Bartolone (Député PS), Xavier Bertrand (Ministre du travail sur le moment), Daniel Cohn-Bendit (Député européen vert), Elias Sanbar (ambassadeur de la Palestine auprès de l'Unesco), Elie Barnavi (historien et ancien ambassadeur d'Israël en France), Yariv Oppenheimer (sécretaire général de Shalom Arshav 'la paix maintenant') et Jean-François Kahn (journaliste et co-fondateur de Marianne).
Bayrou et Bartolone ont rappelé la nécessité d'une paix entre deux peuples (certes!) qui ont souffert, Bertrand a très logiquement expliqué et défendu la position du gouvernement dans l'histoire avant que Cohn-Bendit ne soulève les foules avec un discours enflammé et très réaliste.
Elias Sanbar et Elie Barnavi, l'un palestinien et l'autre israélien, ont eux permis de comprendre le ressenti des deux peuples, tout deux présentant une vision pragmatique du conflit, même si Sanbar a de mon propre point de vue occulté une partie du problème en se concentrant sur la population gazaouie (ce qu'on ne peut pas lui repprocher).
Oppenheimer ( non pas le physicien !) et Kahn (pas le mongol mais je m'égare...) ont terminé cette soirée, seulement coupée par quelques imbéciles à sang chaud rapidement maitrisés.

Ce que je retiens des interventions des invités, c'est des paroles, des propositions toutes très censées (arrêt de la colonisation, négociations avec la branche 'progressiste' du Hamas, etc...) mais qui existaient déjà il y'a 60 ans et qui ne sont toujours pas mis en oeuvre. Comme ont dit Elias Sanbar et Elie Barnavi, les dirigeants politiques en seront responsables devant leur peuple.
Par Rossignol - Publié dans : Politique internationale
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Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /Jan /2009 14:33
Pourquoi avoir pris 'utopie républicaine' comme nom de blog me diras-tu, toi, visiteur de passage (ou futur habitué, je l'espère) ?
Parce que la multitude de réformes et la crise économique qui touchent le pays, et le monde entier,  tend à me faire penser que la république chère (faut-il croire) à notre beau pays est en danger. Cette république qu'incarne la dévise 'Liberté, Egalité, Fraternité', rappelons le quand même, semble s'éloigner peu à peu de cet idéal républicain qui, de toutes façons c'est vrai, n'a jamais été synonyme de perfection. Les valeurs de la république, parmi lesquelles la liberté d'expression, l'égalité des chances, la séparation de l'Eglise (des églises) et de l'Etat ou bien la solidarité nationale me semblent devenir peu à peu, pour certaines, de lointains souvenir ou pour d'autres, me semblent être en danger.
Utopie parce que le monde dans lequel nous vivons, archi-mondialisé et centré sur l'argent ne peut que tendre à anéantir cet idéal républicain, cet idéal de société 'humaine'.
Jeune étudiant de 20 ans, récent fidèle lecteur du journal 'Marianne' et éternel pessimiste, j'ai voulu créer ces pages pour simplement faire partager mon point de vue sur le monde et la société actuelle, sur ce qui me choque et ce qui me répulse, aux internautes de passage.
Ce n'est pas (ou presque pas) un blog politique, simplement celui d'un citoyen inquiet du futur de son pays et qui voulait le dire.
Par Rossignol - Publié dans : Introduction
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